Lettre au sujet des « captures » de chats en divagation

À M. Maurice Barreyre, Maire de Brassac-les-Mines

Monsieur le Maire,

Nous avons pris connaissance, par le journal La Montagne en date du 8 juillet 2006, de la décision prise par votre Conseil de « capturer » les chats en divagation sur votre commune.

Pour justifier cette opération, vous vous appuyez sur le Code rural.

« Un chat errant, ajoutez-vous, est présumé constituer une gêne, un danger possible même s’il n’a encore blessé personne. » Voilà une belle application du principe de précaution.

Nous avons ouvert le Code rural et avons consulté les pages qu’il consacre aux animaux errants. Nulle part nous n’y avons trouvé de présomption de danger attribué aux chats. En revanche, dois-je vous rappeler que, errant ou non, le chat est considéré comme un animal domestique ? Qu’il est protégé par ce même Code rural que vous invoquez ( par le Code pénal également), en tant qu’être sensible, contre les mauvais traitements et les actes de cruauté. Qu’en cas de capture, on est tenu de le garder pendant huit jours ouvrés dans des locaux prévus à cet effet, à savoir une fourrière ou bien encore dans un refuge géré par une association de protection animale avec laquelle la commune a, au préalable, signé une convention.

Enfin, Monsieur le Maire, ces malheureux chats qui semblent tant vous terrifier, vous et vos administrés (ne peut-on y voir une sombre et irrationnelle appréhension liée à la fameuse grippe aviaire ?), ne sont pas des fauves assoiffés de sang, mais de pauvres animaux affamés et terrorisés. Ils n’ont pas demandé à naître et n’existent que par l’indifférence et la négligence des populations humaines.

Plutôt que de procéder à une élimination (car c’est bien de cela qu’il s’agit, n’est-ce pas ?) qui s’avèrera dans quelques mois une inutile cruauté (jamais en effet ce type de « nettoyage » n’a résolu le problème), ne serait-il pas judicieux, plus digne et plus humain d’employer les fonds municipaux à des campagnes de stérilisation, en partenariat avec une association de protection animale, et aussi, auprès de la population brassacoise et des propriétaires de chats, à une information en continu sur la nécessité d’éviter la reproduction de ces braves minous en les stérilisant systématiquement.

Après tout, le propriétaire d’un animal n’a-t-il pas le devoir absolu d’en assumer toutes les charges ?

Avec nos salutations respectueuses,

 

Les adhérents de l’association Les Vaches Rouges

Les vaches rouges, 15/07/2006

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