Et si la peur des chats décourageait les oiseaux de se reproduire ?

Roger Dobson The Independent, 1 July 2007 Traduit par JG

   Le déclin des oiseaux des villes comme les étourneaux et les moineaux est peut-être dû tout simplement au fait qu’ils ont trop peur pour se reproduire. Des travaux récents démontrent que la Grande Bretagne compte actuellement un nombre si élevé de chats - plus de 9 millions - que l’impact de la peur qu’ils inspirent aux oiseaux pourrait être aussi déterminant dans ce déclin que celui du nombre d’oiseaux tués.

 

   Alors que la plupart des travaux sur ce déclin se sont focalisés jusqu’à présent sur le nombre d’oiseaux tués par les chats, cette nouvelle étude suggère que des effets sublétaux [1], en l’occurrence la peur, pourraient réduire l’abondance des oiseaux en influençant leurs comportements alimentaires et leur fécondité.

   

   Les passereaux [2] sont particulièrement vulnérables parce que les chats les dépassent largement en nombre : "Nous démontrons que ces effets sublétaux de la peur peuvent être considérables pour les passereaux. Quand la densité des chats atteint celle relevée en Grande Bretagne, et même là où la mortalité par prédation est faible, une petite réduction de la fécondité en raison d’effets sublétaux peut conduire à des diminutions marquées de l’abondance des oiseaux," disent les chercheurs de l’Université de Sheffield.

 

   Le rapport, qui cherche à établir si les chats domestiques ont une influence sur la reproduction des oiseaux, paraît cette semaine [3] dans le journal Animal Conservation. Il estime à 9,2 millions le nombre de chats en Grande Bretagne.

 

    "Les prédateurs exercent une influence sur les populations d’animaux-proies non seulement en mangeant des individus mais aussi en modifiant leurs comportements, y compris leurs méthodes de recherche alimentaire et leur utilisation de différents habitats," d’après cette étude. "On commence à comprendre que les conséquences de ces effets sont susceptibles de dépasser celle de la mortalité par prédation."

 

   Le phénomène si étendu de déclin des populations d’oiseaux tant ruraux qu’urbains s’accélère depuis un certain temps déjà. Des espèces comme l’étourneau et le moineau domestique ont perdu jusqu’à 60% de leurs effectifs au cours des 30 dernières années. Parmi les théories proposées actuellement on trouve la réduction des populations d’insectes et la perte des sites de nidification en plus de la prédation par les chats.

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[1] sublétal : sous le seuil entraînant la mort

[2] passereaux : les oiseaux de l’ordre des Passériformes. Il s’agit surtout de petits oiseaux terrestres comme les moineaux, mésanges, alouettes, etc.

[3] juillet 2007

Les vaches rouges, 26/01/2008

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